SAMSUNG DIGITAL CAMERAOuais !!! On a récupéré nos bagages ! On peut filer à Taganga, petit village de pêcheurs et ensuite booker le treck pour la Ciudad Perdida. On réserve, via Marsol, un mini van qui propose un service puerta a puerta, parfait... Bon évidemment, ça ne se passe pas comme prévu, le shuttle s'arrête à Santa Marta et le chauffeur, paresseux, nous invite à monter dans un taxi pour finir le trajet, aux frais de la compagnie bien sûr ! Il faut compter un gros quart d'heure pour rejoindre Taganga, de nuit dans un village sans électricité... Coupure générale de plusieurs heures ! Nous arrivons a Casa Felipe à tâtons. Désolée, nous sommes complet, oups que faire ? Allez voir à Bay View, ils ont sûrement de la place.

Et ce fut le cas: un placard avec lit superposé, dernier choix à prendre ou à laisser. Ok, on prend... et on booke en même temps un départ dès le lendemain pour la Ciudad Perdida, prévu à 8h30 ! Heure colombienne, cela donne du 10h30, ah il faut s'y faire...

Un petit sac, une paire de chaussures de marche, un sac de couchage et c'est parti ! Nous découvrons le reste du groupe à l'agence, un couple suisse, deux copines irlandaises, un canadien, une allemande, accompagnés d'un guide et son aide.

Nous chargeons les bagages et les vivres sur le toit du 4x4 et quittons Santa Marta. Au programme, deux heures de route et une heure de 4x4 pour atteindre le point de départ. Après un rapide déjeuner, nous commençons le treck: 4 heures prévues avant d'atteindre le premier campement. Va falloir qu'on se dépêche, il est déjà 14h et la nuit tombe tôt ici. Juste au moment de se mettre en marche, il commence à pleuvoir, au départ, ça rafraîchit et c'est agréable et puis quand arrivent les montées et les descentes dans la boue ça devient une autre paire de manche... Jusqu'au moment où c'est le déluge !! On trouve un refuge dans une petit cabane, mais la pluie ne s'arrête pas, bien au contraire, et la nuit se rapproche... Que faire ? Il faut continuer. Alors, on continue, c'est de plus en plus difficile, pas d'encas au programme, le sandwich du midi est déjà loin... Arrive le moment de traverser la rivière, avec cette pluie, le cours d'eau est vraiment dangereux, oups ! En plus, on ne voit pratiquement plus rien. Pas de panique, nous avons notre guide ! On forme une chaine humaine et nous jetons à l'eau pour traverser et ça passe. Trempés, fatigués, nous montons la dernière côte avant de trouver le campement et les deux autres groupes arrivés depuis belle lurette, installés, secs et en train de jouer aux cartes. Le guide et son aide préparent nos couchages pendant que le cuistot se met au fourneau. Première nuit dans un hammac … Et quelle nuit ! Dormir dans un hammac est un vrai bonheur, surtout après une telle étape … Le lendemain 6h, tous debout, nous attendons le programme de la nouvelle étape. Pour ceux qui le souhaitent, on peut visiter une usine de production de cocaïne moyennant finance, personne ne veut le faire, on ne va pas cautionner ce genre d'entreprise.Le guide nous propose de partir à 8h30-9h... enfin si c'est encore l'heure colombienne, vaudrait mieux prévoir un départ pour 7h ! Nous profitons des premiers rayons du soleil pour faire sécher nos affaires encore mouillées de la veille. Café, oeufs brouillés, pains en tranche et confiture, et c'est parti. Enfin par pour tout le monde... Une des deux irlandaises semble bien affaiblie, et prend la décision de passer la journée ici, pour reprendre des forces, ça fait deux jours qu'elle n'a rien mangé, sage décision. L'aide reste avec elle, il faut lui tenir compagnie. Au final, elle s'arrêtera là et rentrera à Santa Marta. Une de moins. Et un membre de l'équipe de moins également. Le guide a encore quelques affaires à ranger ici, « partez devant, je vous rejoins ». Pardon ??? Bon d'accord, mais quand même, c'est pas cool ça, marcher sans guide dans la jungle, c'est un peu dangereux non ? Nous sommes tous un peu effarés par ce qui vient de se passer... Il y a quand même le cuisinier qui nous accompagne, c'est toujours ça ! Voilà une heure que nous sommes partis et le Canadien se met à vomir sur le bord du chemin, lui aussi semble pris de ce mal qu'on appelle la turista. « Il va falloir faire demi-tour, t'arriveras jamais au bout dans cet état là, tu vas nous ralentir », bon esprit de groupe les suisses dis-donc... Il a une sacré force de caractère ce Canadien, après avoir laissé ses tripes sur la route, il reprend le chemin, non sans mal mais ira jusqu'au bout ! On a bien failli le perdre ! Mais qu'est-ce qu'il se passe dans ce groupe, c'est une épidémie ou quoi ? Espérons qu'on y échappera ! Journée assez tranquille, nous marchons 3 heures dans un joli paysage, traversons des villages indigènes, découvrons les plantes de la forêt. Nous voilà arrivés au deuxième campement. Situé juste à côté de la rivière, nous en profitons pour prendre un petit bain, waouu, elle est fraiche ! 15h le déjeuner est prêt, une bonne soupe. 18H, « à table » ! On mange plus qu'on ne marche dans ce treck ! Le repas terminé, nous cédons notre table à un autre groupe, pas assez de place pour tout le monde, du coup, il ne nous reste plus qu'à nous coucher... Le lendemain, dernière étape pour atteindre la Ciudad Perdida ! Tout le monde est très excité ! Au programme, un peu de forêt avec des rochers bien glissants, 1h de remontée de la rivière avec 9 traversées, puis 1200 marches de pierre taillées, unique accès à la cité. Le pied des marches avait été découvert en 1974 par des chasseurs de trésors. En vérité, la cité abandonnée était parfaitement connue des indigènes mais gardée secrète. Une fois de plus, notre guide nous laisse partir seuls... Heureusement nous partons en même temps qu'un autre groupe, certains passages sont vraiment dangereux, à base de parois bien glissantes surplombant la rivière ! Sans l'aide du guide de l'autre groupe pour les franchir, ça aurait pu mal tourner... Nous commençons vraiment à nous poser des questions sur notre guide, son utilité et ses capacités. Lors d'un des franchissement de la rivière, Morgane se blesse légèrement au tibia, et surprise, pendant que Jérôme sort en urgence l'Arnica de son sac en gel et en granulé, le groupe continue sans même se retourner... toujours aussi solidaires dis donc... Après 5 minutes, nous les perdons de vue et les retrouvons heureusement un peu plus loin. C'est quand même hallucinant ça !!! Entre temps, nous avons failli perdre l'autre irlandaise. Elle n'arrive plus à avancer, elle n'a rien mangé depuis 3 jours, ça ne va plus. Heureusement, l'autre guide est plein de ressources et d'attention et arrivera à la remettre sur pied à base de bière+alcaseltzer. Enfin, une fois de plus, notre guide se montre vraiment à la hauteur !!! Nous trouvons enfin la Ciudad Perdida, quel endroit incroyable ! Cette ville abandonnée lors de la conquête espagnole a été parfaitement préservée par la nature. Composée de plusieurs centaines de terrasses aménagées à flan de montagne, le spectacle est vraiment hors du commun. Ce site porte bien son nom, l'impression d'être perdu au milieu de nulle part, entouré par la forêt tropicale, à perte de vue... Nous dormons dans la cité et sur des matelas... mais la nuit est un peu pourrie. Réveil difficile, maintenant il va falloir rentrer. Nous faisons un tour de la cité, normalement accompagné d'explications fournies sur son histoire, mais une fois de plus notre guide se montre vraiment calamiteux. La pluie va bientôt arriver, si on y allait ? Pas envie de se taper les 1200 marches de l'escalier super abrupte, glissant sous la pluie et taillé pour des pieds d'indigènes (un petit 36 fillette). On se fait d'ailleurs dépasser par deux d'entre eux qui se paieront notre tête à nous voir si timorés: quoi ? Vous avez peur ? Parce que ça glisse ? pfff... Allez, on continue la route, nous menons la barque avec l'allemande, nous avons un bon rythme, un quart du groupe et pas de guide. Nous retournons donc au camp 2, là une décision est à prendre: on le fait en 5 ou 6 jours ? Franchement, on peut pas sentir les gens du groupe, sauf l'allemande et le guide est invisible , pas envie de s'éterniser plus longtemps. Pour nous Ciudad Perdida est une grande déception... Le lendemain, réveil 6h, départ 7h, on se motive pas moyen de flancher devant les deux étapes qui nous attendent. Nous partons avec le cuisinier, qui bien sûr restera derrière. En fait, on se fait les deux étapes sans personne, et chapeau ! En 5h30, on arrive au bout, avec une demie heure de pause, on a un rythme digne de grands randonneurs. Ok, il faut rajouter que la colère et la frustration sont bon moteur ! On a pesté et râlé tout le long, un bon carburant... Nous arrivons au village où l'on va déjeuner, pour repartir pas de jeep, non personne pour nous accueillir, comme la majorité du groupe le fait en 6 jours, la minorité est perdante... Certes, le guide nous a expliqué, la veille, qu'à notre arrivée nous allions prendre une moto et ensuite un bus pour rentrer, mais nous ne sommes pas d'accord: on ne nous l'a pas dit au début quand nous avons booké pour 5 jours, on a dit qu'il y aurait une voiture alors nous prendrons une voiture. Et puis, il pleut des cordes, un vrai déluge, sous cette pluie, pas moyen de monter sur une moto sur un chemin de boue … Alors, on fait des pieds et des mains, le guide de l'autre groupe nous vient en aide, encore une fois, il est top dis donc ! Et 2h30 plus tard, nous voilà à bord d'une jeep ! Direction Taganga, nous reviendrons demain à l'agence pour leur faire part de notre réelle déception. Nous avons parlé au boss de l'agence, il a super bien réagit, bien compris et pris note de nos remarques, il était désolé pour nous et pour eux c'est bien la première fois que ça arrive... Au moins on en gardera un souvenir unique, peu de gens reparte si furieux du camino à la Ciudad Perdida.

Les plages de rêves du Parque Tayrona ce sera sans nous, car au réveil, Morgane a comme un début de turista, bouh les crevettes de la veille mangées a Playa Grande.... Au final, retour à Cartagena: jour de l'indépendance et élection de Miss Colombia